"En
collaboration avec le compositeur et neuroscientifique new-yorkais Dave
Soldier, ils [Vitaly Komar et Alexandir Melamid] menèrent une enquête de plus petite envergure sur Internet afin de
produire une musique adaptée au goût du public, ‘The People’s Choice Music’.
Selon les exigences du sondage, l’hilarant ‘Most Unwanted Song’, la ‘chanson la
moins désirée’, dure plus de vingt-cinq minutes et inclut des accordéons, de la
cornemuse, un chœur d’enfants, du banjo, de la flûte, du tuba et des
synthétiseurs (l’unique instrument présent à la fois dans le titre le plus et
le moins désiré), ainsi qu’un mélange d’opéra, de rap, de musique d’ambiance et
atonale, de jingles de publicité et de chants de Noël. La chanson ‘la plus désirée’,
celle qui serait ‘inévitablement ‘appréciée’ de manière incontrôlable par
soixante-douze pour cent, avec une marge d’erreur de douze pour cent, des
auditeurs’, consiste en un slow de R&B avec un duo homme-femme sur fond de
guitare, de sax, de batterie, de synthés et de cordes. Selon les critiques, on
aurait cru entendre… du Céline Dion ; tous affirmèrent préférer largement
la chanson ‘la moins désirée’."
jeudi 4 mai 2017
vendredi 10 mars 2017
Chris Anderson, La Longue Traîne. Quand vendre moins, c'est vendre plus [2006], Paris, Flammarion, 2012, p. 68-69.
"Le
premier à avoir montré au consommateur américain ce que tout cela pouvait lui
apporter fut un employé des chemins de fer de North Redwood, dans le Minnesota.
Il s’appelait Richard Sears. Un jour de 1886, un bijoutier de Chicago adressa
par erreur une caisse de montres à un distributeur local de North Redwood qui n’en
voulait pas. Sears racheta les montres pour son compte puis les vendit à d’autres
cheminots de la ligne, réalisant au passage un joli bénéfice. Ce qui le décida
à en acheter d’autres et à lancer une entreprise de distribution horlogère.
En
1887, il transféra son affaire à Chicago et fit paraître dans le Chicago Daily News une offre d’emploi
pour une personne capable de réparer des montres (il était absurde, se
disait-il, de mettre au rebut les montres défectueuses qu’on lui renvoyait).
Alvah C. Roebuck envoya sa candidature. Six ans plus tard, tous deux s’associèrent
pour fonder Sears, Roebuck and Co., qui allait vendre des montres par correspondance
en envoyant des catalogues aux agriculteurs saignés par les boutiques locales
et les innombrables intermédiaires.
La
promesse de Sears, Roebuck and Co. était simple, si l’on en croit son histoire
officielle : ‘Grâce à de gros volumes d’achats, aux chemins de fer et à la
poste, et plus tard au colis postal et à la distribution gratuite en zone
rurale, la société proposait une alternative bienvenue aux magasins ruraux à
tarifs élevés.’
Née
avec les montres, l’entreprise ne tarda pas à s’étendre à tout ce dont un foyer
ou une entreprise rurale pouvait avoir besoin. Sears et Roebuck distribuaient
aux agriculteurs des catalogues pleins de textes accrocheurs rédigés par Sears
lui-même, puis répondaient à leurs commandes à partir de leurs immeubles de
Chicago, de plus en plus grands. Les deux associés finirent par investir 5
millions de dollars dans la construction de bureaux et d’ateliers de VPC dans
les quartiers ouest de Chicago. Lors de son ouverture en 1906, avec près de 300
000 m2 d’ateliers consacrés à la VPC, cet établissement était le
plus grand immeuble commercial du monde."
samedi 4 février 2017
Ashlee Vance, Elon Musk. Tesla, PayPal, SpaceX: l'entrepreneur qui va changer le monde [2015], trad. Michel le Séac'h, Paris, Groupe Eyrolles, 2016, p. 202-203.
"Pour ceux qui ont résolu les énigmes, répondu
intelligemment aux entretiens et rédigé un texte de qualité, la récompense est
une rencontre avec Musk. Il s’est entretenu avec la quasi-totalité des mille
premiers collaborateurs de SpaceX, agents de sécurité et techniciens compris ;
quand le personnel de l’entreprise est devenu trop nombreux, il a continué à
rencontrer les ingénieurs. Avant d’être introduit, chaque salarié a droit à un
avertissement : l’entretien peut durer entre trente secondes et quinze
minutes, lui dit-on. Elon continuera
probablement à rédiger des e-mails et à faire son travail pendant la première
partie de l’entretien, sans parler beaucoup. Ne paniquez pas. C’est normal. À
un moment, il fera pivoter son siège pour vous faire face. Là encore, pourtant,
il se peut qu’il ne vous regarde pas dans les yeux ou ne semble pas totalement
conscient de votre présence. Ne paniquez pas. C’est normal. Le moment venu, il
s’adressera à vous. Et là, les récits d’ingénieurs qui ont rencontré Musk
couvrent tout l’éventail de la torture au sublime. Il peut poser une seule
question ou plusieurs. Mais vous pouvez être sûr qu’il vous sortira LA
devinette : ‘Vous êtes sur la surface de la Terre. Vous marchez un
kilomètre vers le sud, un kilomètre vers l’ouest et un kilomètre vers le nord.
Vous vous retrouvez exactement à votre point de départ. Où êtes-vous ?’ L’une
des réponses est ‘au pôle Nord’, et la plupart des ingénieurs pigent tout de
suite. Alors, Musk reprend : ‘Et où encore pourriez-vous être ?’ L’autre
réponse est quelque part du côté du pôle Sud, là où, si vous marchez un
kilomètre vers le sud, la circonférence de la Terre se réduit à un kilomètre.
Les ingénieurs sont moins nombreux à trouver cette réponse, et Musk se fait un
plaisir de leur expliquer l’énigme, ainsi que d’autres, en émaillant ses
explications des équations convenables. Il tend à s’intéresser moins à la
réponse donnée par son visteur qu’à la manière dont il décrit le problème et sa
démarche pour le résoudre."
samedi 28 janvier 2017
Dominique Boullier, Sociologie du numérique, Paris, Armand Colin, 2016, p. 52.
"Dans le public, la notion de bug fut rendue populaire
grâce au ‘bug’ de l’an 2000 (Y2K)… qui n’était pas un bug ! Il s’agissait
d’un choix technique effectué sous contrainte dans les années 1960 et qui
consistait à coder la date en deux chiffres et non en quatre : 1901 était
codé 01 et donc équivalent à 2001 (et cela avec les anciens langages de
programmation comme le Cobol). Les choix techniques les plus ‘raisonnables’ ont
des conséquences inattendues lorsque le numérique devient pervasif :
toutes les ‘puces’ présentes dans le moindre de nos appareils, dont les
ascenseurs, sont devenus visibles à ce moment de la panne (potentielle)."
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